Accueil

Claire BETTI a commencé son travail artistique en 1982 à l’Atelier de Travail Théâtral de Lausanne dirigé par Jacques Gardel. Trois ans d’école de théâtre selon la méthode du Théâtre Pauvre de Jerzy Grotowski, puis à New-York et Paris. Elle sera comédienne professionnelle jusqu’en 1992.
A l’arrivée de ses enfants, cette approche l’a conduite naturellement à continuer le développement de son processus créatif dans le domaine des arts visuels. Sa démarche alliera l’encre avec l’aquarelle, le graphite et les pigments mais aussi l’estampe gravée sur ardoise, bois ou plexiglas.

Après ces 12 années de travail de peinture en autodidacte, Claire Betti rejoint les cours d’aquarelle de Claire Koenig. C’est dans son atelier qu’elle commence à lire les propos sur la peinture chinoise du XVIIe siècle:

  • l’unique trait de pinceau” du moine Shi Tao (苦瓜和尚语录; kǔguā héshang yǔlù), les citations du moine Citrouille Amer
  • « le jardin des graines de moutarde » 芥子園畫譜/芥子园画 Jièziyuan Huazhuan, manuel de peinture écrit par les moines Wáng gài 王概, Wáng Shī 王蓍, Wáng Niè 王臬 et Zhū Shēn诸

Elle y retrouve le langage de J. Grotowski de sa formation théâtrale et, depuis le premier coup de pinceau, la peinture chinoise est le terreau de tous ses travaux picturaux. Elle commence alors son travail sur le paysage qu’elle ne quittera plus ; le paysage comme déclencheur d’imaginaire, pour seule inspiration à ses paysages intérieurs.

Les dessins de Victor Hugo, observés chez Claire Koenig, sont une source d’inspiration d’un travail à la frontière du réel et de l’imaginaire.
« La plume de Victor Hugo trace les visions entrevues à travers les brouillards, les chimères de la fantaisie et les caprices fortuits de la main inconsciente.  Il rend l’aspect visible des choses avec une précision que nul n’a égalée, mais il rend aussi l’aspect invisible. » Théophile Gautier, 1863

Aujourd’hui, dans son atelier de Lausanne, l’ensemble de ses travaux sont peints à l’encre de Chine noire plus ou moins diluée sur un papier chinois plus ou moins humide (soit sur un vieux papier Yan pi, Xipi Zhi ou sur papier cru Sheng zhi), avec des pinceaux chinois plus ou moins secs. Les peintures sont ensuite encollées selon la tradition chinoise, 2 fois sur papier cru (Sheng zhi), puis sur un dernier papier japonais Torinoko 100% mûrier.
« Je ne suis pas de culture chinoise, je ne connais pas les codes picturaux de la peinture de paysage chinoise ni la façon qu’ils ont de voir le monde mais je suis profondément inspirée par le processus de création décrit par les maîtres chinois du XVIIème. »

Son thème de prédilection est le paysage, abstraction d’eau, de ciel et de roche.
« Le processus créatif est comme l’exploration des ténèbres, comme la descente dans cette caverne sombre des méandres intérieurs où chaque voyage est un départ sans géographie connue, un voyage qui apprivoise cette obscurité, et le traduit en mille et une nuances de lumière.
Le noir de l’encre de Chine avec laquelle je travaille est un noir chaud, qui reproduit des tonalités brunes. Ce sont des noirs généreux, pleins de contrastes, de potentiels d’expressions infinies.
Il y a le noir profond, mis en évidence par la lumière qui est l’absence de noir. Mais il y a aussi les multiples nuances de noir qui donnent une impression tamisée de cette lumière, une atmosphère de pénombre chargée de mystère, d’infini.
Ce clair-obscur traduit des transitions imperceptibles, suggère délicatement, parle de néant et de mystère, d’étrangeté, de chaos, d’origine, de vie et de mort.
Pour moi, peindre un paysage, c’est toujours comme traduire un poème. »

Instagram: claire.betti
Facebook: Claire Page Betti Projest

« INSPIRATION
Je vagabonde.
J’engrange un ensemble de matières, d’espaces et de lumières,
de sensations.
Je prends des photos, je les tourne et les retourne,
je les dissèque, je m’imprègne d’émotions retrouvées.

Tout va ensuite très vite
et le pinceau agile devient passeur à retenir quelque peu.
Puis, loin du regard, je laisse reposer le voyage,
j’y reviens…
…inlassablement ce va et vient,
séparations et retrouvailles ainsi plusieurs fois éprouvées
en un lent processus d’apprivoisement.
Approches et éloignements
familiers et étranges à la fois.
Le paysage devient mémoire. »

© Les peintures présentées sur ce site ne peuvent être reproduites, distribuées, copiées et modifiées de quelque façon que ce soit sans l’autorisation de l’auteur.

Share

Les commentaires sont fermés.